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Être mère

Être mère

Je dédie cet article de blogue à Valérie, toute nouvelle maman à qui la vie a fait cadeau d’un magnifique petit battant quelques semaines plus tôt que prévu. Bonne fête des mères!


Je suis maman de trois magnifiques enfants. Un première petit être m’a fait la surprise de sa venue il y a maintenant 11 ans.

La maternité a été pour moi un apprentissage, le lieu d’un profond développement personnel. Je ne suis plus la mère que j’étais il y a 11 ans. J’ai appris de mes erreurs, de mes victoires, de mes émotions chaotiques.

La maternité a fait ressortir le meilleur de moi-même. Et le pire. Du pire, personne ne m’en avait averti. On ne peut pas s’imaginer qu’un si petit être, fragile et adorable, qu’on a attendu pendant de longs mois puisse nous faire vivre d’aussi négatives émotions…

Être mère, pour moi, c’est recevoir un bain d’amour juste avant la douche froide d’angoisses. C’est donner sans compter, comme on lance un boomerang au loin pour la première fois dans l’espoir de le voir revenir un jour. 

Être maman, c’est être l’amour, la sécurité, la nourriture, le logis, les règles à suivre; c’est être les fondations de la pyramide en Maslow.

C’est avoir réponse à tout, être une déesse incarnée, la plus merveilleuse des femmes pour ces petits êtres qu’on met au monde, si résiliants, si patients, si aimants, si confiants.

Et on ferait tout pour garder longtemps ce regard d’adoration sur nous. C’est exigeant comme commande.

Et on regarde autour toutes ces mamans qui sortent de la maison le sourire aux lèvres, les bras surchargés, l’agenda surbooké et on veut faire de même. On se compare. Au meilleur. Parce que le pire reste derrière les portes closes de la maison. On ne le voit pas. Pourtant, toutes les mères le vivent, ce pire. Certaines plus souvent que d’autres d’ailleurs.

Et cette tendance à vouloir perpétuer l’idolâtrie de nos enfants nous fait vivre un tourbillon d’émotions : angoisse, peur, culpabilité. Culpabilité…

Et pour les combattre, pour garder la tête hors de l’eau, on donne, on donne et continue d’offrir ce qu’on possède de mieux, souvent en vidant nos réserves. 

Que nous reste-il alors?

La grande créatrice qu’on est a besoin de petits soins quotidiens pour continuer à créer de la magie autour d’elle. On doit donner pour recevoir, oui, mais pas seulement aux autres. Il faut se donner à soi-même.

Et si on se fêtait, simplement, quelques minutes tous les jours?

Un bain chaud aux huiles essentiels un soir.

Un masque hydratant le dimanche matin.

Une marche seule dans la nature pour n’entendre que les oiseaux, le vent, les feuilles, l’eau qui coule, la terre qui craque sous nos pas. Plus de petites voix qui parlent, demandent, crient, pleurent. Juste la nature, sa mélodie, ses odeurs pour laisser danser quelques pensées, quelques rêves fous.

Un nouveau vêtement qui nous fait nous sentir femme, belle, puissante, sexy.

Un film en amoureux le samedi soir.

Les journées passent tellement vite, elle nous coule sous les pieds. On voit nos enfants grandir, mûrir, partir. Une fois au loin, on se rappelle des bons moments. On surfe sur une vague de nostalgie, de douces mémoires.

Pourtant, quand on vit avec eux au jour le jour, on a tendance à oublier les bons coups (ce qu’on fait d’ailleurs dans d’autres sphères de notre vie). Les mauvais font plus mal, la douleur est vive et fait son empreinte plus profondément dans notre tête.

Si vous êtes comme moi, vous avez la manie de regarder en avant, de voir ce qui reste à faire plutôt que de célébrer vos victoires et le chemin parcouru. Je m’y concentre maintenant tous les jours. C’est un travail. Éventuellement, ce sera intégré et une nouvelle nature. Une mère et une femme en développement constant, je vous le dis.

Pour se recharger au quotidien, en plus de tous les petits moments de bonheur que vous pouvez vous offrir, je vous propose de vous créer un journal de gratitude. Un petit cahier dans lequel vous confierez vos bonheurs quotidiens. 

J’ai de la gratitude pour avoir des enfants en santé. Merci pour le beau moment en famille autour du jeu de société. Merci pour le sourire. Merci de m’avoir permis de garder mon calme pendant la crise de ma fille. Merci. 

Et tous ces mots, ces mercis, ces gratitudes vous nourriront et rappèleront la chance immense que vous avez d’être une maman.

Aujourd’hui, pour la fête des mères, j’ai aussi envie qu’on pose tous un geste ensemble : qu’on demande pardon.

Je suis une mère imparfaite, m’aime et m’accepte complètement et profondément comme je suis. Je désire me demander pardon d’avoir voulu donner trop. Je me demande pardon d’avoir attendu plus en retour. Je me demande pardon de m’être sentie coupable à tant de reprises. 

Je demande aussi pardon d’avoir été exigeante avec ma propre mère. De lui avoir manqué de respect à l’adolescence. De l’avoir jugée. De lui demander plus que ce qu’elle peut offrir. 

À la mère que j’ai et à celle que je suis, je demande pardon. Je me libère de cette culpabilité et la renvoie dans l’univers, sur Jupiter. Ou Pluton. 

Je vous invite à personnaliser et à faire cette déclaration. À la sentir. À laisser tout émotion s’exprimer.

Aujourd’hui, mamans, c’est votre journée. On vous fête. On vous donne.

Être maman, c’est aussi apprendre à recevoir. Ouvrez votre grand cœur, car le boomerang est de retour. Accueillez-le peu importe l’état dans lequel il revient. Il peut être amoché, maladroit. Mais il est là et sa lumière saura vous recharger jusqu’à mai prochain. 

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