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Quand l’alimentation devient une religion extrémiste

Madeleine Wéra-Bussière / Bien-être  / Quand l’alimentation devient une religion extrémiste

Quand l’alimentation devient une religion extrémiste

Vous arrive-t-il d’avoir des pensées impures, d’avoir envie de transgresser quelques règles? Oh que oui! Car vous êtes humaines, all the way. Et personne ne vous demande d’être parfaite. Pourtant…

Pourtant, on aime nous faire croire que la pureté existe et qu’on devrait la côtoyer. La manger.

 

C’est drôle comme on a sorties l’Eglise de nos vies, mais qu’on s’est créées une quantité de cultes à droite et à gauche! Le culte de la jeunesse, de la minceur, de la superwoman qui réussit avec brio autant au travail, dans les circuits de marathons, qu’à la maison avec les enfants et dans son couple. Le culte de la réussite professionnelle qui passe par les millions et les médias. Le culte de la consommation à tout prix. Le culte de la santé. Celui de l’alimentation, pure.

 

Le culte de la pureté

On vit aujourd’hui sous le culte de la pureté. Et maudites soient celles qui osent s’abreuver à une autre source! Pécheresses!

 

La rebelle en vous a-t-elle envie de crier? De se rebeller? Ou de pleurer peut-être. Parce qu’en suivant ces idées dogmatiques, vous ne pouvez faire autrement que de tricher. Et tricher, ma chère dame aux racines judéo-chrétiennes, c’est mal. Et ça vous fait culpabiliser.

 

Vous êtes coupable d’avoir pris un dessert, d’avoir mangé 20gr de plus de viande blanche que votre régime vous prescrivait. Coupable d’avoir bu un café ou d’avoir osé manger un craquelin avec du gluten. Coupable d’aimer votre sacoche de cuir que vous portez depuis tant d’années. D’apprécier vos brocolis cuits. D’avoir laissé vos vitamines sur le comptoir.

 

Parce que vous êtes :

Vegan

Crudivore

Sans gluten

Hypotoxique

Paléo

 

Parce que vous avez décidé de vous apposer une étiquette sur le dos pour perdre du poids, vous libérer de vos douleurs, vous joindre à une communauté inspirante. Et l’étiquette, aussi tendance soit-elle, est lourde à porter. Lourde de restrictions, de responsabilités, de dogmes, de culpabilité.

 

Et l’insoumise en vous vous tiraille les tripes. Et veut crier à la liberté! Mais comment être libre lorsqu’on est encadrée dans un culte de la sorte? Quand on ferme les yeux sur tout ce qu’on étiquette d’impureté? Et quand cette liste rallonge de jour en jour?

 

Philosophies ou dogmes alimentaires?

Ne vous méprenez pas. Je ne suis pas contre un type ou l’autre de régime alimentaire, de façon de manger. J’en ai essayé plusieurs dans ma vie. J’ai flirté moi aussi avec les restrictions, l’obéissance au doigt et à l’œil. J’aime essayer. Et tant qu’à le faire, faisons-le bien, n’est-ce pas? C’est ce que j’aimais penser. Avant que ma rebelle ne reprenne sa juste place.

 

Ce qui me fait lever les poils sur les bras et la raison de mon cri du cœur aujourd’hui, c’est la rigidité avec laquelle on aborde ces philosophies alimentaires. C’est de voir certains aliments être complètement démonisés. Ce qui était bon devient mauvais, toxique, du jour au lendemain. Pas juste pour vous, pour tout le monde. C’est de réaliser que si on détourne le regard de notre dieu (ou plan alimentaire), on se retrouve assurément devant le démon. C’est pas ça qu’on appelle extrémisme?

 

Vous savez, le gluten n’est pas un démon. C’est la nature qui l’a créé et mise dans certaines céréales. Maintenant, ce qu’en a fait l’homme en le modifiant et en l’ajoutant à tout est une autre paire de manches…

 

Mais manger du gluten n’est pas un péché mortel. Ni véniel. Toutefois, l’étiquette qu’on y a apposé le rend indigeste. C’est en grande partie cette idée de manger quelque chose de « mauvais » qui vous tiraille les entrailles. Parce que ce qui se passe dans notre tête lorsque nous mangeons a encore plus de pouvoir sur notre digestion que ce qui se trouve réellement dans l’assiette. La vitalité et la santé sont un état d’esprit.

 

Et que dit-on de manger des aliments morts? C’est encrasser votre système, c’est putréfier votre existence! Mangeons cru pour être vivantes, lumineuses.

 

Je suis tout à fait d’accord avec le fait que les aliments crus ont un taux vibratoire beaucoup plus élevé que ce qui est cuit et qu’on en retire une énorme quantité de bienfaits pour notre santé, notre énergie. Je ne viendrai quand même pas nier ce que je dis depuis des années! Je suis une fan de couleurs et de fraîcheur. Ce qui me cause problème, c’est quand on sent que, pour être belles, vivantes, lumineuses, il faut manger cru. Seulement cru. Amen.

 

À besoins changeants, régimes flexibles

Nos besoins varient dans le temps. Ils suivent les changements de notre style de vie et nos différentes étapes hormonales. Ils sont « flexibles ». Comment pouvons-nous garder cette flexibilité dans notre assiette dans ce monde dogmatique dans lequel on vit aujourd’hui?

 

Je crois qu’il serait intéressant de regarder ce qui se cache derrière nos dogmes, notre rigidité. Pourquoi a-t-on besoin, plutôt que d’une ligne directrice, de clôtures, de remparts? Est-ce que, si on manque de rigidité, notre volonté seule ne saura tenir le coup?

 

Selon mon expérience, c’est le manque de confiance qui nous dirige vers les cultes. C’est ce que j’ai vécu. Manque de confiance en soi, de foi en ses aptitudes, en son intuition, en son corps.

 

Lorsqu’on ne croit pas qu’on puisse détenir la réponse à nos maux, que la petite voix qui nous dit de sortir des sentiers battus puisse avoir raison, on se tourne vers une figure d’autorité qui semble avoir LA réponse. On se rend malheureusement compte que, plutôt que de se diriger vers la pureté, la légèreté qu’on souhaitait tant, on s’enlise tranquillement dans de nouvelles compulsions et frustrations alimentaires ou autres. On compense ces manques par des excès dans d’autres sphères de vie, question de garder un semblant d’équilibre.

 

Et ça crée des fuites. Le niveau d’énergie descend tranquillement.

 

Les œillères qui vous permettaient au début de garder le cap dans la direction que vous aviez choisie, qui vous évitaient de voir le chaos environnant, commencent sérieusement à vous bloquer la vue. Parce que, croyez-le ou non, il y a du beau même dans le chaos! Et il y a surtout un grand potentiel de guérison et d’apprentissage à accepter d’y séjourner quelque temps pour trouver comment y créer de l’espace vital pour respirer.

 

Vous savez que votre âme est rebelle. Et qu’elle aime la transgression. Alors, pourquoi ne pas l’accepter et choisir une voie flexible, respectueuse et créative où vos transgressions ne seront pas ressenties comme des péchés culpabilisants?

 

Si vous avez envie de quelques lignes directrices avec lesquelles vous pouvez jouer de votre créativité et vous sentir libre, je vous propose les 15 commandements de l’alimentation bien-être.

 

Votre pouvoir sur votre bien-être passe par votre liberté d’être. D’être humaine, all the way.

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