Top

Une vie équilibrée, c’est possible?

Madeleine Wéra-Bussière / Bien-être  / Une vie équilibrée, c’est possible?

Une vie équilibrée, c’est possible?

La notion d’équilibre travail-famille fait les grands titres de bien des magazines de santé et de bien-être et de psychologie populaire. Ça fait couler de l’encre. Notre société a placé le sujet en tête de liste des préoccupations de notre époque.

 

Vous sentez-vous en équilibre?

 

J’ai eu récemment une magnifique discussion sur le sujet avec quelques collègues entrepreneures. Trouver l’équilibre entre nos passions, nos amours n’est pas toujours facile. C’est même une tâche ardue. À mettre à l’horaire. Une autre case à cocher sur notre liste de choses à faire : trouver l’équilibre entre le personnel et le professionnel. C’est complètement fou quand on y pense. L’équilibre devient une tâche, alors qu’il semblerait devoir se faire naturellement. Comme tomber au point neutre.

 

Parfois, c’est le succès qui frappe en plein visage et, même s’il est espéré, attendu, il déstabilise. 

 

On comprend rapidement à force de foncer et d’avancer qu’il n’existe pas d’équilibre sans son contraire. Que pour trouver son point d’ancrage solide, il faut vaciller, il faut parfois tomber dans les extrêmes. Parfois, c’est le succès qui frappe en plein visage et, même s’il est espéré, attendu, il déstabilise. 

 

Si l’inertie est l’absence de mouvement et de vie et qu’elle se situe à une extrême, l’équilibre est au contraire un mouvement constant, un piétinement rapide entre le pied droit et le gauche, entre la famille et la carrière, entre les amis et la solitude, entre la lecture et le sport, entre nos amours et nos défis. Un pied dans le confort, l’autre dans le vide. Un surfeur qui fait jouer le poids de son corps d’avant arrière, de haut en bas, de droite à gauche. Rien à voir avec l’inertie.

 

J’ai parfois l’impression que cette recherche d’équilibre est utopique. En fait, que celle de l’équilibre tel qu’on le conçoit dans l’absolu l’est. J’ai envie plutôt de le concevoir tel la résultante d’un ensemble qu’on observe légèrement en retrait. Il faut plusieurs données pour avoir une moyenne qui parle. C’est la même chose avec l’équilibre. En prenant un pas de recul, on arrive à mieux observer nos mouvements d’une extrême à l’autre et à apprécier la moyenne qui se forme ainsi et le poids du temps investi dans nos différentes passions qui se rebalancent tout naturellement. Ou presque.

 

Où se situe votre point d’équilibre?

Une des raisons pour lesquelles je trouve ce débat culpabilisant, particulièrement pour les femmes qui s’investissent dans leur carrière, leur propre entreprise et leurs passions, c’est que la société semble nous indiquer que le point d’équilibre se trouve à un endroit bien précis sur le spectre travail-famille. Je n’y crois pas.

 

En fait, j’ai tendance, comme pour bien des éléments que notre société nous présente, à remettre en question ce paradigme de l’équilibre absolu. Et nécessaire. Je pense qu’on a chacun notre centre d’équilibre – comme pour nos besoins alimentaires – et que celui-ci peut paraître complètement déséquilibré à notre voisin! Ce qui est une bonne chose puisque ça le poussera à revoir sa façon de penser la vie. Rien de mieux qu’un déséquilibre provoqué pour grandir encore plus! Et ce sont ces déséquilibres momentanés, ces folies, qui font avancer notre société d’un bond, n’est-ce pas? Nos grands penseurs et scientifiques sont tout sauf équilibrés d’un point de vue social. On serait bien fous de leur dire de ralentir et de passer plus de temps en nature à lire des polars. Le génie ne connaît pas l’équilibre. 

 

Revenons à cette culpabilité qui réside au coeur de cette recherche d’équilibre. Serait-il possible qu’une femme puisse vouloir consacrer 75% de son temps à sa passion, à son entreprise, à sa grande mission? Nous avons tous quelque chose de bien particulier que nous sommes venus accomplir sur cette terre, dans cette vie. Peut-être qu’être mère en fait partie. Peut-être est-ce de s’occuper de son conjoint ou de ses parents malades. Peut-être est-ce d’être un éveilleur de conscience, un guérisseur, un coach. Et pourquoi pas l’ensemble de ces réponses? À différents niveaux. Un peu de ci et un peu de ça ou beaucoup de quelque chose et très peu d’une autre. Parce que ces différentes énergies investies ne nous rapportent pas de la même façon. Méditer pendant 30 minutes peut complètement nourrir une personne, alors qu’une autre ne bénéficiera pas de la même façon de ce 30 minutes de silence. Voir évoluer un client en coaching peut aussi être extrêmement nourrissant même si c’est du temps de travail.

 

J’aime bien faire le parallèle avec le contenu de votre assiette. L’assiette parfaite existe et comprend certains éléments en proportions différentes pour chacun de nous. Ce qui semble parfaitement équilibré pour mon conjoint ne sera pas satisfaisant pour moi.

 

J’aurais envie qu’on puisse, comme femmes tout particulièrement, se sortir de cette culpabilité, de cette lourde responsabilité qu’on porte profondément dans nos tripes, qui nous répète sournoisement à l’oreille qu’on ne doit pas se tenir trop près de la zone “travail” sur notre spectre d’équilibre et qu’il faut, si déséquilibre il y a à avoir, pencher vers la famille.

 

J’ai envie de vous dire aujourd’hui de tenter le déséquilibre. À fond. Question de voir où est votre zone de bien-être à vous. Il n’y a rien comme avoir de solides points de repère. Combien de votre coeur va à votre entreprise, à votre amoureux, à votre famille, à vos amis, à votre comptable? Droite, gauche, droite, gauche.

 

N’allez toutefois pas trop loin. “Le corps doit suivre”, comme on dit. Ne vous rendez pas malade, surtout pas. Parce que la maladie est le chaos complet.

 

Votre tête est pleine de merveilles que vous voulez partager au plus vite avec le monde entier. Vous voulez aussi être la meilleure des mères, des filles, des conjointes, des collègues. C’est fatiguant. Essoufflant. Je le sais, je le vis. Et le corps doit suivre… En fait, j’ai envie de renverser cette pensée et je vous invite à réfléchir sur ceci : et si le corps menait?

 

J’ai envie de vous dire de suivre votre coeur et de faire taire l’ego culpabilisant qui vous répète que ce que vous faites avec autant d’énergie et de passion est un déséquilibre total. Qu’il est néfaste.

 

Nourrissez-vous. Les passions sont nourrissantes comme le sont les moments de repos.

 

Accordez-vous de la valeur et offrez-vous ce qu’il y a de mieux. Pour vous.

 

Lorsque vous sentirez ce déséquilibre trop intense, demandez de l’aide. Peut-être n’avez-vous simplement pas considéré ce qui pourrait, à l’autre extrême, vous ramener doucement, simplement et dans la joie, vers votre centre, votre coeur. Car c’est le lieu de l’équilibre. Votre coeur. Il est en vous. Et si vous l’écoutez, il saura vous dire ce que vous devez faire et être pour retrouver le balan. Le temps d’un instant. Car le déséquilibre nous attend constamment au détour. Alors, pourquoi ne pas l’accueillir avec le sourire, car sans lui, pas d’équilibre possible!

mwera_admin

No Comments

Post a Comment